soufisme, terme générique qui englobe l'ensemble des traditions mystiques du monde musulman depuis le premier siecle de l'hegire. Le mot vient de l'arabe tasawwuf. 

 Malgré tout ça Il n'est pas très aisé de définir le soufisme car il regroupe une variété d'éléments très différents. On peut dire, de façon très générale, que c'est un style de vie et un ensemble de croyances et de pratiques. Deux origines sont admises pour le terme soufi. Il serait dérivé de l'arabe suf (« laine »),  , ou bien du mot safa signifiant « pur ».

  les soufis croient jouir d'une relation privilégiée (walaya) à Dieu. Ils croient aussi posséder le potentiel nécessaire pour parvenir à l'amour de Dieu , la connaissance intuitive de la vérité divine (haqiqa) par l'effort contemplatif et la méditation. Cette faculté est une grâce accordée par Dieu au soufi de toute éternité mais que l'initié doit cependant réaliser en s'engageant dans une voie spirituelle ardue (tariqa) jalonnée de plusieurs étapes (maqamat) et d'états (halat). Ce cheminement se fait sous la direction d'un maître soufi qualifié (shaikh ou enseignant spirituel) ayant lui-même subi la même education  . Le maître transmet alors à ses disciples l'influence spirituelle (baraka) qu'il a lui-même reçue de son propre maître à travers la chaîne initiatique (silsila) ininterrompue de maître à disciple dont l'origine remonte au prophéte mohamed et à Ali ibn Abu Talib. Bien qu'elles présentent des similarités entre elles, ces chaînes initiatiques rivalisent avec les généalogies (isnad) des transmissions orales des faits et gestes du Prophète (sunna) citées par les juristes et les théologiens musulmans.

Les soufis reconnaissent l'autorité spirituelle du maître et son rôle de médiateur entre Dieu et les hommes, mais ils croient aussi que chaque génération d'initiés est reliée à un maître secret, qui est intérieurement « l'homme parfait » (qoutb), de la présence duquel dépend le sort de l'univers. Seuls ceux qui ont pleinement réalisé l'expérience soufi, — renoncement à soi (fana), survie avec Dieu (baqa) et connaissance (marifa) — peuvent le reconnaître. L'« homme parfait »
Les soufis mènent une vie  pratique de la suna  dans des « ribat ». Ils prônent la pauvreté et s'en remettent totalement à Dieu pour leur subsistance de leur etat, en même temps qu'ils initient une  nouvelle vie fondée sur la répétition du nom de Dieu, le thikr.

Les soufis célèbrent l'anniversaire du Prophète et visitent sa tombe et celles des maîtres soufis (ziyara) auxquels ils adressent des prières d'intercession (shafaa) et des requêtes de bénédiction. Depuis le3éme siècle, les soufis ont tendance à se regrouper en confréries (ou tariqa, « voie vers la connaissance »).